On a chacun, à plus ou moins grande implication, un juge intérieur.
Vous fait-il vivre un enfer dans votre tête par ses commentaires ou est-il un allié régulé ?
Je vous partage mes compréhensions sur la part « Juge intérieur » avec la grille de lecture de l’IFS, approche à laquelle je suis formée et par laquelle je vous accompagne.
Comment le Juge intérieur agit dans notre système ?
Le juge intérieur juge, évalue ce qu’il voit, entend, perçoit.
Il donne une note, il fait rentrer dans une case : « ça c’est bien, ça c’est mal ». Il oriente nos pensées, nos actions, nos paroles, nos comportements… même jusqu’à nos choix alimentaires ou vestimentaires !
Il se nourrit de tout ce à quoi il donne de la valeur ou que des figures d’autorité lui ont signifié que ça avait de la valeur.
Et il fait tout pour ne pas être dans la catégorie opposée, qu’il juge et dévalorise.
Quelques exemples types :
- Quelqu’un qui valorise le travail bien fait va travailler beaucoup, avec précision, être pointu dans son domaine, va se juger quand il fait des erreurs et reprocher aux autres de ne pas être assez consciencieux, investis…
- Quelqu’un qui valorise l’aide aux plus démunis va s’habiller simplement, s’investir dans des associations caritatives, manger dans des restaurants solidaires, juger les personnes avec de hauts revenus…
- Quelqu’un qui veut être « in » va s’habiller avec des marques qu’il va juger comme bien, va sortir dans les bons lieux, avec les bonnes personnes qu’il faut pour rentrer et rester dans ce milieu, juger les personnes « out »…
- Quelqu’un qui veut prendre soin de la Terre va manger bio local, ne pas prendre l’avion, faire son potager, acheter en seconde main, juger ceux qui achètent neuf sur des plateformes pas chères…
- Quelqu’un qui ne veut pas faire du mal aux autres va s’investir dans des mouvements de non violence, apprendre la communication bienveillante, manger végétarien/vegan, être gentil et juger sa colère et celle des autres…
- Quelqu’un qui valorise la pureté et la perfection va s’investir à fond dans la spiritualité, ne plus s’intéresser à ce qui est matière, vouloir corriger ses comportements qui ne correspondent pas aux idéaux de perfection, va se juger de juger…

Chacun n’a ni tord ni raison. Il agit selon ses valeurs et ses jugements.
Chaque mode de vie a des conséquences différentes sur soi, sur les autres…
Est-ce que vous vous retrouvez dans un des ces juges ?
A quoi ressemble le vôtre ? Quel est son discours intérieur ?
Partagez-le en commentaire !
Quelles sont les intentions du Juge intérieur ?
La part « Juge intérieur » est un « Protecteur« , un « Manager », comme on dit en IFS.
C’est-à-dire que, en tant que « Manager », sa première intention est de protéger le système contre le fait de réveiller des parts blessées non guéries à l’intérieur de soi.
Dans son cas précis, il agit en majeure partie dans le but
– d’être intégrée dans un groupe,
– d’être acceptée & aimée par l’autre auquel il accorde de la valeur,
– de s’accepter soi-même, de se donner de la valeur, de s’estimer, car selon notre grille de lecture, on fait « bien » comme on pense qu’il faut faire, qu’on doit faire,
– de contrer et de contrôler les autres parts de notre système intérieur qui ne rentrent pas dans son cadre et qui pourraient mettre à mal tout le travail fait pour avoir de la valeur,
– de contrer et contrôler les autres pour qu’ils arrêtent de faire ce qu’ils font,
– de ne pas revivre une blessure, un trauma.
…
Il peut y avoir bien sûr d’autres intentions.
C’est en allant à la rencontre de son Juge intérieur qu’on va comprendre en profondeur ses intentions et pourquoi il agit ainsi.

Ainsi son intention est de répondre à des besoins vitaux et essentiels qu’on a chacun en tant qu’être humain.
Et on peut sincèrement remercier cette part de veiller ainsi à répondre à ces besoins vitaux et de se soucier de cela.
Les conséquences d’un Juge intérieur dérégulé
Vous connaissez peut-être ou avez vous-même vécu le fait de s’épuiser à n’être que dans la « bienveillance » avec les autres, à vouloir tout acheter local-bio-seconde main, à être stressée en permanence de son apparence physique et vestimentaire, de quel va être le retour du responsable sur votre dossier, d’être à chaque instant attentionné et généreux envers ses proches…
J’ai en mémoire des partages de parents qui, pour le bien de leur enfant, cuisinaient tous leurs repas avec des légumes frais et leur mettaient des couches lavables…
ou des personnes qui, pour ne pas heurter, veulent seulement être dans la posture d’écoute et de bienveillance envers les autres, refoulant leurs propres besoins et émotions…
ou des personnes voulant parfaitement faire leur travail, sans qu’on puisse leur reprocher quoique ce soit…
> et qui à un moment donné, s’étant mis une pression si grande, craquaient, finissaient en burn-in ou burn-out. [J’expliquerai la différence entre les deux dans un prochain article]
Vouloir faire « bien », « le bien » tout le temps a des conséquences néfastes sur notre corps physique, sur notre système nerveux, sur notre état émotionnel, sur notre rapport au monde et aux autres.
Le juge intérieur, quand on a fait quelque chose qu’il ne considère pas comme « bien », va juger très intensément et dévaloriser ce qu’on a fait.

On peut vivre en soi de l’auto-dévalorisation voire de l’auto-destruction (trop/pas assez manger, s’acidifier, se replier sur soi-même, burn-out, maladies…)
Dit autrement, le juge va « punir » les autres parts qui se sont autorisées à sortir du cadre et leur mettre la pression pour qu’elle rentre dans son cadre. Il peut même essayer de les détruire pour qu’elles n’existent plus car elles mettent trop en danger sa stratégie de bien faire.

Le piège du Juge intérieur quand on entame un chemin de conscience
Quand on prend conscience de tout ce qui ne va pas dans le monde, pour la Terre, les animaux, dans la relation à l’autre, dans le matérialisme… on ne veut pas/plus participer à cela. On veut faire bien, prendre soin, ne pas heurter par son propre comportement.
Ça renforce la part qui veut bien faire, qui ne veut pas participer à tout cela.
Et c’est très chouette car elle va avoir beaucoup d’énergie pour agir et changer des choses, à la fois en soi, dans ses comportements/actions, et en même temps dans le monde.

Et en même temps, cette part – si elle est dérégulée et toute puissante – va épuiser le système.
Car, oui, nous avons aussi d’autres parts/besoins dans notre système qui ont besoin d’être entendu :
- besoin de repos, de détente, que le système nerveux se détende et se ressource,
- besoin de célébration, d’être joyeux,
- besoin de liberté, de légèreté,
- besoin de spontanéité, d’imprévus, de ne pas se prendre la tête,
- besoin d’authenticité, de vérité, de communiquer notre réel état intérieur et notre façon d’être au monde,
- besoin de ressentir toutes nos émotions même les plus sombres, sans les juger, et accueillir les messages importants qu’elles portent,
- besoin de se sentir vivant, d’être dans le corps et de faire vibrer nos cellules, …

La question centrale est :
Est-ce que je me regarde, regarde la vie/les autres, fais mes choix de vie et de valeur par un puissant Juge intérieur
– qui m’enferme dans une dualité bien/mal,
– qui me met une dure pression pour bien agir,
– qui agit comme un carcan étroit et m’étouffe,
– qui ne m’accorde aucun répit, aucune pause,
– qui m’interdit de faire quelque chose qu’il juge comme « mal »,
– qui brise l’équilibre à l’intérieur de soi, l’équilibre entre nos polarités féminine et masculine,
…
ou par mon Soi, cet espace de lumière, d’amour, de conscience, de clarté, de compassion, de compréhension, d’accueil de ce qui est ?
Toute la clé est là.

Si on agit depuis son Cœur, son Âme, son Soi
Si on agit depuis son Cœur, son Âme, son Soi, alors on peut s’aimer et s’accepter dans toutes les facettes de nous-mêmes.
On peut accepter les autres et nos différentes parts, comprendre ce qu’il se passe pour eux, sans pour autant consentir ou soutenir ce qu’ils font, mais être dans cette posture d’observateur avec un regard neutre & compatissant.
On arrête de se rejeter soi-même, de se dévaloriser, de se juger, de se mettre la pression, de se rabaisser ou de rabaisser les autres.
On entre dans une relation saine avec soi-même et avec les autres.
Et on répond à ses valeurs depuis l’Amour et non depuis le Désamour, la peur, la colère, le jugement.
Si vous souhaitez aller plus loin sur ce Chemin et rencontrer votre Juge intérieur, je vous accompagne pour apprendre à mieux le connaître, à connaître ses intentions, et à rencontrer les blessures profondes qu’il y a derrière et à les guérir.
Ainsi ce Juge deviendra régulé et n’aura plus besoin de s’exprimer en toute puissance sur les autres parts, ce qui les soulagera. Il deviendra un allié et pourra même modifier son rôle s’il le souhaite quand le temps sera venu.
Laure
